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mardi 15 janvier 2019

LA MISE EN PLACE D’UN TRIBUNAL NUMÉRIQUE AU MAROC


LA MISE EN PLACE D’UN TRIBUNAL NUMÉRIQUE AU MAROC


Les moyens de communication tel qu’internet sont devenus incontournables dans plusieurs domaines. Ainsi, l’ère de la rĂ©volution informatique a impactĂ© les secteurs social, Ă©conomique mais Ă©galement juridique. La justice numĂ©rique va donc de pair avec une justice simplifiĂ©e, plus lisible et plus rapide. Elle est alors perçue comme une condition nĂ©cessaire Ă  la modernisation de la justice, notamment au Maroc. La dĂ©matĂ©rialisation de certaines donnĂ©es vĂ©hicule l’idĂ©e d’un accès Ă  une justice plus rapide, efficace et transparente. Ce passage Ă  une justice numĂ©rique se dĂ©cline en diffĂ©rents points. Tout d’abord, elle implique de redĂ©finir ce qu’est la justice Ă  l’ère du numĂ©rique (1). La dĂ©finition de la notion de justice numĂ©rique permettra ensuite de prĂ©ciser en quoi sa mise en place est indispensable dans le contexte actuel (2). Puis, il s’agira d’Ă©tablir ses diffĂ©rents objectifs(3). Enfin, il conviendra d’Ă©tudier la lĂ©gislation applicable en la matière en prenant le cas du cyber arbitrage (4).

1. LA NOTION DE JUSTICE NUMERIQUE :
La notion de justice numĂ©rique est complexe. Elle induit un profond bouleversement dans la conception de la justice Ă  travers la mise en Ĺ“uvre rationnelle des technologies au sein de l’institution judiciaire. On parle ainsi de rĂ©forme de la justice par l’innovation technologique. Cette rĂ©forme a pour objectif d’Ă©tablir une meilleure adĂ©quation entre l’offre et la demande de justice notamment Ă  travers des techniques de communication Ă©lectronique, des techniques de tĂ©lĂ©communication, des techniques audiovisuelles ou encore du dĂ©veloppement des plateformes collaboratives qui mutualisent les donnĂ©es relatives Ă  un grand nombre de personnes. 1
La mise en place du tribunal numĂ©rique semblerait donc ĂŞtre l’un des piliers majeurs de la rĂ©forme du système judiciaire afin de garantir la transparence et les droits fondamentaux des justiciables. Cette mesure, contribuerait Ă  amĂ©liorer l’efficacitĂ© et la qualitĂ© de l’appareil judiciaire. Elle permettrait de dĂ©velopper sa capacitĂ© institutionnelle ainsi que moderniser l’administration Ă  travers certains dispositifs tels que la vidĂ©oconfĂ©rence dans les salles d’audience et la dĂ©matĂ©rialisation du contenu (Ă  travers l’archivage par voie Ă©lectronique des dossiers des avocats). Elle permettrait Ă©galement de promouvoir un meilleur accès Ă  la justice et au droit, de rapprocher la justice des professionnels et des justiciables et faciliter le libre accès des citoyens Ă  l’information juridique et judiciaire. Il en est de mĂŞme pour l’Ă©change par voie Ă©lectronique des documents entre les avocats et tribunaux. 2
Une plateforme d’Ă©change Ă©lectronique entre le ministère de la Justice et l’Ordre des avocats de Casablanca a ainsi Ă©tĂ© lancĂ©e le 23 mai 20183. Elle constitue une Ă©tape avancĂ©e dans la transition vers la dĂ©matĂ©rialisation de la justice et la mise en place d’un « tribunal numĂ©rique » Ă  l’horizon 2020. Le ministre de la justice du Royaume rapporte Ă©galement que cette rĂ©volution technologique concernera, dans une première phase, les tribunaux de Casablanca et de Rabat avant d’ĂŞtre gĂ©nĂ©ralisĂ©e Ă  d’autres rĂ©gions du Maroc.

2. UNE MISE EN PLACE NECESSAIRE MAIS COMPLEXE :
L’appel d’offres relatif Ă  la mise en place d’une infrastructure informatique virtuelle globale constitue une première dĂ©marche concrète visant la modernisation d’un secteur qui souffre de beaucoup de lourdeurs et de bureaucratie. On peut illustrer ce constat par le fait que dans les locaux du tribunal de première instance d’Ain Sbaâ, Ă  Casablanca, les usagers sont soumis Ă  une procĂ©dure complexe afin d’obtenir des copies des dĂ©cisions judiciaires. Ils doivent donc recourir aux services de personnes Ă©trangères au corps de la justice pour photocopier des formulaires, normalement mis Ă  disposition des citoyens, servant Ă  accomplir des formalitĂ©s. Cet exemple montre bien une nĂ©cessitĂ© de modernisation du système judiciaire.
Dès lors, suite Ă  une rencontre en prĂ©sence du chef du gouvernement, du ministre de la justice et des libertĂ©s ainsi que d’autres membres du gouvernement, une Charte de la rĂ©forme de la justice a Ă©tĂ© exposĂ©e le 13 septembre 2013 Ă  Rabat. 4 Cette Charte affiche une volontĂ© claire de rĂ©soudre la problĂ©matique de l’accès Ă  la justice au Maroc.

LES OBJECTIFS :
La plateforme numĂ©rique garantie une rapiditĂ© dans le traitement des affaires juridiques pour les professionnels du droit tout comme pour les justiciables. En effet, elle facilite l’Ă©change par voie Ă©lectronique des documents entre les avocats et les tribunaux en confirmant leur authenticitĂ© via une signature Ă©lectronique. De plus, certains citoyens impliquĂ©s dans des affaires juridiques pourront Ă©viter les dĂ©placements aux tribunaux puisque l’informatisation complète des procĂ©dures facilite le libre accès des citoyens Ă  l’information juridique et judiciaire et participera au dĂ©veloppement et Ă  la mise en place de plusieurs autres services numĂ©riques. En effet, chaque avocat pourra disposer d’un bureau virtuel pour la gestion des dossiers, l’enregistrement des requĂŞtes en ligne et la prĂ©sentation des diffĂ©rentes demandes. Les justiciables seront alors informĂ©s en temps rĂ©el du suivi de leurs dossiers dans le dĂ©tail. 5
Pour atteindre l’objectif de modernisation et la mise en place du tribunal numĂ©rique Ă  l’horizon 2020, le ministre de la Justice annonce le lancement, sur une plateforme d’Ă©change Ă©lectronique, de trois applications informatiques relatives aux procĂ©dures de justice. Ces applications comprennent plusieurs objectifs, le premier vise l’amĂ©lioration de la gestion de la dĂ©tention provisoire, le deuxième un meilleur suivi de l’exĂ©cution des sentences rendues contre les Ă©tablissements d’assurance et le troisième met en place une bibliothèque juridique.
Dans le dĂ©tail, la première application, traite de la gestion du registre national de la dĂ©tention provisoire. Elle permettrait ainsi de relier tous les tribunaux du Royaume via le rĂ©seau informatique, et d’Ă©laborer une carte relative Ă  la dĂ©tention provisoire. Cette application a Ă©galement pour objectif de suivre les procĂ©dures de la dĂ©tention provisoire du Parquet GĂ©nĂ©ral, au sein de l’instance en charge de l’enquĂŞte et dans le tribunal. Elle s’arrĂŞte notamment sur l’Ă©tat des dossiers soumis aux Ă©tablissements pĂ©nitentiaires. Outre le fait qu’elle permette d’assurer une classification des dĂ©tenus selon les crimes commis, elle devrait faciliter la gestion des procĂ©dures de transfert des prisonniers.
La seconde application assurera le suivi des exĂ©cutions des sentences rendues contre les sociĂ©tĂ©s d’assurances, il s’agit d’un outil visant Ă  informer lesdites sociĂ©tĂ©s de l’exĂ©cution des jugements Ă  travers l’envoi de la liste des dossiers, la dĂ©finition des procĂ©dures d’exĂ©cution au sein du tribunal, la maitrise de la liquidation des dossiers après leur rĂ©ception par les compagnies d’assurances et la prĂ©sentation de la liste des dossiers exĂ©cutĂ©s Ă  l’ordre des avocats.
La troisième application concerne la mise en place d’une bibliothèque juridique qui comporte plusieurs textes juridiques ainsi que des conventions internationales ratifiĂ©es par le royaume du Maroc. Ce système offre une technique avancĂ©e en matière de recherche et permet l’actualisation systĂ©matique des donnĂ©es et la mise Ă  disposition du contenu juridique sur le site Ă©lectronique du ministère de la justice et des libertĂ©s au profit des tribunaux et des syndicats des avocats. Cela devrait permettre une rĂ©duction considĂ©rable de la production papier des tribunaux du Maroc.6

3. NORMES APPLICABLES EN LA MATIERE :
La mise en place d’une justice numĂ©rique entraine nĂ©cessairement une modification et une adaptation de certaines normes qui encadrent les pratiques juridiques. En effet, l’intĂ©gration de ces systèmes d’information dans le secteur de la justice est très complexe en raison du grand nombre de procĂ©dures et la diversitĂ© des tribunaux traditionnels.
Il est Ă©galement envisagĂ© d’utiliser des mots de passe et des systèmes de sĂ©curitĂ© de l’information afin de protĂ©ger donnĂ©es, droits et secrets des parties.
Ensuite, la justice numĂ©rique est caractĂ©risĂ©e par ce que l’on appelle les archives Ă©lectroniques. Les dossiers judiciaires sont classĂ©s dans une banque de donnĂ©es Ă©lectroniques qui conserve les archives Ă  long terme. La loi relative Ă  l’Ă©change des donnĂ©es Ă©lectroniques 05-537 dĂ©finit le cadre gĂ©nĂ©ral des règles juridiques applicables.
La justice numĂ©rique, en tant qu’elle produit des bases de donnĂ©es regroupant des informations personnelles, est soumise aux règles relatives aux Ă©changes de donnĂ©es informatiques telles que la loi n° 03-59 qui dispose des infractions liĂ©es au traitement automatisĂ© des systèmes de donnĂ©es ou encore la loi n ° 08.09 relative Ă  la protection des donnĂ©es personnelles dans les procĂ©dures dĂ©matĂ©rialisĂ©es8
Ces dispositions offriraient ainsi des garanties aux justiciables marocains quant à la protection de leurs données personnelles dans les domaines juridique et/ou judiciaire.

4. LES EFFETS : LE CAS DU CYBER ARBITRAGE :
Le cyber arbitrage signifie que les procĂ©dures d’arbitrage ont lieu sur Internet, sans qu’une rencontre physique ait lieu entre les parties au diffĂ©rend et les arbitres.
Ce type d’arbitrage est liĂ© aux nĂ©cessitĂ©s pratiques du dĂ©veloppement Ă©conomique, Ă  l’augmentation du volume et de l’importance du commerce international, Ă  la conclusion de contrats et Ă  l’achèvement des actes juridiques utilisant les technologies de l’information et de la communication.
Les conditions introduites par la loi n ° 05.53 sur les donnĂ©es juridiques Ă©lectroniques d’Ă©change comprennent la mise en place d’une signature Ă©lectronique ainsi que la validitĂ© d’un certificat installĂ© pour correspondre. De nombreuses organisations Ă©conomiques rĂ©gionales et associations professionnelles ont adoptĂ© ces mĂ©thodes Ă©lectroniques pour rĂ©gler les diffĂ©rends dans le domaine du commerce international et de la propriĂ©tĂ© intellectuelle.
Ainsi, l’arbitrage Ă©lectronique semble ĂŞtre un modèle en plein essor dans le domaine de la justice numĂ©rique créé pour tenir compte des conflits naissants dans l’exĂ©cution ou l’inexĂ©cution de transactions Ă©lectroniques, compte tenu des avantages considĂ©rables qui le distinguent du système judiciaire et de l’arbitrage commercial traditionnel.


jeudi 12 avril 2018

Les juridictions spécialisées



Les juridictions spécialisées


introduction
« Nul ne peut se faire justice lui-mĂŞme »
Cet adage sous- entend que chaque Etat qui se dit civilisĂ© Ă  l’obligation de mettre en place une autoritĂ© judiciaire indĂ©pendante afin que les droits de toute personne soient respectĂ©s.
Au Maroc, il existe plusieurs juridictions qui rĂ©pondent Ă  cette exigence notamment les juridictions de droit commun, les juridictions d’exception et enfin  les juridictions spĂ©cialisĂ©es.
 Les juridictions de droit commun comprennent des Cours d’appel ; qui examinent une seconde fois les affaires dĂ©jĂ  jugĂ©es en premier ressort par les tribunaux de première instance ainsi que les appels des ordonnances rendues par leurs prĂ©sidents. Les cours d’appel sont aussi compĂ©tents pour juger les crimes en premier et dernier ressort (chambres criminelles). Ensuite, tribunaux de première instance En matière civile, les tribunaux de première instance statuent en premier et dernier ressort lorsque le montant du litige est Ă©gal ou infĂ©rieur Ă  3000 dirhams et En matière pĂ©nale, les tribunaux de première instance sont compĂ©tents pour juger les contraventions et les dĂ©lits. Puis, les juridictions communales et d’arrondissement qui ont une compĂ©tence très rĂ©duite, en effet : En matière civile, il ne peut intervenir que dans les litiges dont la valeur ne dĂ©passe pas 1000 dirhams et peut arriver jusqu’Ă  2000 dirhams en cas de l’accord des plaideurs. En matière pĂ©nale il se limite aux infractions passibles uniquement d’une peine d’amende de 10 DH au minimum et 800 DH au maximum. Nous avons Ă©galement des juridictions d’exception dont la compĂ©tence est strictement limitĂ©e Ă  des affaires dĂ©terminĂ©es par la loi, il s’agit  il s’agit de la haute cour, le tribunal permanent des forces armĂ©es royales et la cour spĂ©ciale de justice supprimĂ© en 2004.
 Le tribunal permanent  est une garantie spĂ©ciale destinĂ©e Ă  mieux sauvegarder les droits des justiciables. Il est compĂ©tent pour statuer sur tous les infractions commises par les militaires et les cadres de l’armĂ©s : les infractions spĂ©cifiques (dĂ©sertions, billions…) ou de droit commun (meurtres, vols…). Sa compĂ©tence s’Ă©tend aux civils ayant commis : Un crime contre un membre des forces armĂ©es royales ; Une infraction contre la suretĂ© extĂ©rieure de l’Etat (espionnage, trahison…). La haute cour quant Ă  elle statue sur les crimes et dĂ©lits commis par les membres du gouvernement dans l’exercice de leur fonction (il importe de signaler que cette juridiction n’a jamais Ă©tĂ© constituĂ©e).
Et enfin les juridictions spĂ©cialisĂ©es qui comprennent les Cours d’appel de commerce et les tribunaux de commerce, ainsi que des tribunaux administratifs.
Ce dernier point sera dĂ©veloppĂ© au cours de notre exposĂ©. En effet, il sera question de relever l’organisation et les diffĂ©rentes attributions  de chaque tribunal.

I-Les juridictions administratives :

Nous allons Ă©tudier dans cette section, le tribunal administratif et la cours d’appel administrative.
       Le tribunal administratif :
Ils ont vu le jour par la loi 41-90 du 10 Septembre 1993 promulguĂ©e par le Dahir 1-91-225 avec un dĂ©calage pour l’entrĂ©e en vigueur pour le dĂ©but Mars 1994.
ĂĽ Organisation :
Le tribunal administratif est composé de :
1 président
Plusieurs magistrats
1 greffe + secrétariat
Parmi les magistrats le président désigne pour une période de 2 ans et sur
proposition de l’assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale 1 ou plusieurs commissaires royaux de la loi et de droit 
L’assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale dĂ©finit les règles internes de fonctionnement de ces tribunaux.
Elle se réuni annuellement dans la 1ère quinzaine du mois de Décembre pour arrêter le nombre de sections, leurs compositions, les jours et heures des audiences ainsi que la répartition des affaires des sections, car il peut y avoir des affaires selon la nature des affaires.
 Le tribunal est saisi par une requĂŞte introductive d’instance Ă©crite, signĂ© et dĂ©posĂ©e par un avocat. Le greffier va dĂ©livrer un rĂ©cĂ©pissĂ© de dĂ©pĂ´t de la requĂŞte.
Après le dépôt de la requête et son enregistrement, le président du tribunal transmet immédiatement le dossier au juge rapporteur qui désigne le juge et au commissaire royal de loi et de droit.
 Les audiences sont tenues publiquement, elles sont entendues par 3 magistrats assistĂ©s
par un greffier. L’audience est prĂ©sidĂ©e par le prĂ©sident du tribunal administratif ou par
un magistrat dĂ©signĂ© Ă  cette instance. Il est dĂ©signĂ© Ă  cette fonction par l’assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale annuelle
 La prĂ©sence du commissaire royal de la loi et de droit est obligatoire et ce dernier ne
dĂ©fend pas l’administration, il peut seulement prĂ©senter ses observations et conclusions Ă©crites ou orales.
ü compétence :
Ils sont  compĂ©tents pour juger en premier ressort :
-Les recours en annulation pour excès de pouvoir formés contre les décisions des autorités administratives ;
-Les litiges relatifs aux contrats administratifs ;
-Les actions en réparation de dommages causés par les actes ou les activités des personnes publiques;
-Les litiges nĂ©s Ă  l’occasion de l’application de pensions et du capital dĂ©cès des agents de l’Etat, des collectivitĂ©s locales, des Ă©tablissements publics et du personnel de l’administration de la Chambre des ReprĂ©sentants et de la Chambre des Conseillers ;
-Les contentieux fiscaux ;
-Les litiges électoraux ;
-La légalité des actes administratifs.
       La cour d’appel administrative :
ĂĽ Organisation :
La cour comprend :
Un premier président.
Des présidents de chambre et des conseillers.
Un greffe
La cour peut ĂŞtre divisĂ©e en chambres selon la nature des affaires.Le premier prĂ©sident de la cours d’appel administrative dĂ©signe sur proposition de l’assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale pour une pĂ©riode de 2 ans renouvelable parmi les conseillers (juges) 1 ou plusieurs commissaires royaux de la loi et de droit.Les audiences et la dĂ©cision sont rendus publiquement par 3 conseillers dont l’un est prĂ©sident assistĂ© par un greffier.La prĂ©sence du commissaire royal de la loi et de droit est obligatoire. Le commissaire royal de la loi et de droit explique ses avis en toute indĂ©pendance oralement (explicitement) sur les circonstances de faites comme sur les règles de Droit applicables. Ses avis sont expliquĂ©s en audience publique. Comme chez le procureur du roi il ne participe pas aux dĂ©libĂ©rations.
ü Compétence :
Les cours d’appel administratives connaissent en appel des jugements rendus par les tribunaux administratifs et des ordonnances de leurs prĂ©sidents, sauf disposition contraire prĂ©vue par la loi.En effet, le 1er prĂ©sident et le 1er vice-prĂ©sident exercent les compĂ©tences du jury lorsque la cour est saisie de litige Pour faire appel, le dĂ©lai est de 30 jours Ă  partir de la notification de la copie du jugement.

II-les juridictions commerciales :
Les juridictions commerciales ont Ă©tĂ© créées par la loi du 6 janvier 1997, elles fonctionnent depuis mai 1998. Elles comprennent les tribunaux de commerce et les cours d’appel de commerce. Les magistrats du siège et du parquet des juridictions commerciales sont tous des magistrats professionnels intĂ©grĂ©s au corps unique de la magistrature.  Les juridictions de commerce sont compĂ©tentes pour juger l’ensemble des litiges commerciaux (les actions relatives aux contrats commerciaux, aux effets de commerce, etc.).
·       les tribunaux de commerce
Le tribunal de commerce est une juridiction de première instance qui est spécialisée dans le jugement des litiges entre commerçants.
ĂĽ Organisation :
Chaque tribunal de commerce comprend : Un président, des vices président et des magistrats ; Ministère public composé du procureur du roi et de un ou plusieurs substituts ; Un greffe et un secrétariat du parquet.
Les audiences des tribunaux de commerce sont tenues et les jugements rendus par 3 magistrats, dont un prĂ©sident assistĂ© d’un greffier.


ĂĽ Attributions
Les tribunaux de commerce sont au nombre de 8 installĂ©s dans les villes suivantes : Rabat, Casablanca, Fès, Tanger, Marrakech, MeknĂ©s, Agadir, Oujda, sans oublier que 2 tribunaux supplĂ©mentaires (Settat et Laayoune) sont programmĂ©s dans les deux annĂ©es Ă  venir. Ces juridictions ont comme compĂ©tence pour juger les actions suivantes : des actions relatives aux contrats commerciaux ; des actions entre commerçants Ă  l’occasion de leurs activitĂ©s commerciales ; des actions relatives aux effets de commerce ; des diffĂ©rends entre associĂ©s d’une sociĂ©tĂ© commerciale ; des diffĂ©rends relatifs aux fonds de commerce.
Plus gĂ©nĂ©ralement, les tribunaux de commerce sont compĂ©tents pour connaitre des litiges portant sur des actes accomplis par les commerçants Ă  l’occasion de leur commerce et de l’ensemble des litiges commerciaux qui comportent un objet civil.
Des règles particulières existent lorsqu'une des parties n'est pas un commerçant mais un particulier. Quand le demandeur est non-commerçant, il a le choix entre les tribunaux d'instance ou le tribunal de commerce. A l'inverse, quand le défendeur est non-commerçant, le demandeur doit obligatoirement s'adresser aux tribunaux d'instance.
Le tribunal est en outre compétent en matière de procédures collectives. Il a notamment le pouvoir d'ouvrir une procédure de sauvegarde, de redressement ou de liquidation judiciaire à l'encontre d'une entreprise en difficultés.
Les tribunaux de commerce sont compĂ©tents pour connaitre en premier et dernier ressort des demandes dont les principales n’excèdent pas la valeur de vingt mille dirhams (20000Dh). Ils sont compĂ©tents uniquement en premier ressort pour toutes les demandes d’une valeur supĂ©rieur Ă  ce montant, les appels devant ĂŞtre portĂ©s devant les cours d’appel de commerce.
Entre également dans la compétence des présidents des tribunaux de commerce la surveillance des formalités du registre du commerce. A cet effet, ils peuvent chaque année désigner un juge responsable du registre de commerce.

·       cour d’appel de commerce  

ĂĽ Organisation :
Les cours d’appels de commerce comprennent : un Premier PrĂ©sident, des PrĂ©sidents de chambre et des conseillers ; un ministère public composĂ© d’un Procureur gĂ©nĂ©ral du Roi et de substituts, un greffe et un secrĂ©tariat du ministère public.
Comme les Tribunaux de commerce, les Cours d‘appel de commerce peuvent ĂŞtre divisĂ©es en chambres et chacune d’entre elles peut instruire et juger les affaires soumises Ă  la Cour.
Les audiences des Cours d’appel de commerce sont tenues et les arrĂŞts rendus par trois Conseillers, dont un PrĂ©sident, assistĂ©s d’un greffier.
ĂĽ Attributions
La cour d'appel est chargée de rejuger une affaire lorsque l'une des parties a fait appel d'un jugement rendu par une juridiction du premier degré. Ses attributions et son fonctionnement sont encadrés par la loi.
Les cours d'appel statuent sur les appels interjetĂ©s Ă  l'encontre des dĂ©cisions Ă©manant de diffĂ©rents tribunaux notamment  des tribunaux d’instance, tribunaux de commerce...
La cour statue dans un délai de dix jours courant à compter de la date où le dossier parvient au greffe.
 Lorsque la cour d'appel de commerce statue sur la compĂ©tence, elle transmet d'office le dossier au tribunal  compĂ©tent dans un dĂ©lai de dix jours Ă  compter de la date oĂą l'arrĂŞt est prononcĂ©. L'arrĂŞt de la cour n'est susceptible d'aucun recours, ordinaire ou extraordinaire. Sont applicables devant la cour d'appel de commerce les mĂŞmes dispositions que pour les tribunaux de commerce (dĂ©pĂ´t d'une requĂŞte par un avocat, mise en Ă©tat de l'affaire et le prononcĂ© du jugement).


Conclusion 
En guise de conclusion , il faudrait signaler qu’en plus des juridictions administratives et les juridictions commerciales il existe des juridictions exceptionnelles(haute cour, tribunal militaire) qui ont connu plusieurs modifications par la constitution de 2011.
DĂ©sormais, depuis 2011, il n’existe plus qu’une seule juridiction d’exception, Ă  savoir : Le Tribunal Militaire Permanent des Forces ArmĂ©es Royales.
Cette juridiction est régie par la loi du 6 octobre 1972, et est dotée de la compétence pour juger des crimes commis par les militaires ainsi que ceux menaçant la sûreté nationale. Elle est composée de magistrats professionnels et militaires. Elle est présidée par un magistrat professionnel. La procédure appliquée est la loi de la justice militaire.
La Haute Cour qui avait auparavant compĂ©tence pour juger les crimes commis par les membres du gouvernement n’existe plus depuis l’adoption de la Constitution du 29 juillet 2011. DĂ©sormais, les hauts fonctionnaires de l’État ainsi que les membres du gouvernement sont poursuivis devant les juridictions de droit commun.